Comment as-tu réagi lorsque les porteurs du projet AKIVI t’ont contactée pour que tu deviennes celle qui incarnerait les cours dispensés par l’application ?
Je ne suis pas issue du médical effectivement. Lorsque Cyril (ndlr : CEO AKIVI) m’a proposé d’incarner la voix des cours d’AKIVI, le projet en était à son tout début. Il m’a d’abord exposé le concept de « cours en 3D ». Je trouvais ça fascinant. Il pourrait d’ailleurs confirmer avec quel enthousiasme j’ai accepté de tenter l’expérience… Je suis issue de la musique et plus spécifiquement du chant. A ce titre, il connaissait mon travail et a pensé naturellement à moi. Ce qu’il ignorait, c’est que, pour l’anecdote, j’ai toujours aimé dicter à voix haute certains passages de mes lectures personnelles. J’ai pensé que je pouvais effectivement, et très modestement, apporter un petit plus au projet.
Que cherchaient-ils pour l’exercice ?
Leur première préoccupation était que la diction soit fluide. D’autant que les termes médicaux sont très souvent complexes. L’enjeu était que les descriptions anatomiques soient énoncées clairement… et que le ton soit rassurant. Puis, peu à peu, ma voix est devenue l’identité sonore d’AKIVI.
Quels étaient pour toi les défis à relever ?
L’un des défis majeurs a été de trouver le bon rythme, la bonne cadence. C’est le débit mais aussi la tonalité qui vont donner la bonne dynamique aux propos. J’ai fait un ou deux essais au départ, avec quelques échanges avec Cyril et Florian (ndlr : créateur d’AKIVI) pour bien répondre à leurs attentes. Très rapidement, on s’est entendus sur le rendu.
Les cours d’AKIVI sont destinés prioritairement à un public estudiantin. Pourtant, ton aisance à dicter des cours très techniques et médicaux est surprenante d’efficacité.
Ici, clairement, c’est mon expérience de chanteuse qui a été profitable – parce que la diction était un exercice que je travaillais déjà depuis longtemps dans le cadre artistique. L’un de mes challenges fut (et reste) la prononciation de mots nouveaux, aussi complexes que le terme « érythropoïétine » par exemple – et ils sont très importants et fort nombreux dans toutes les descriptions anatomiques d’AKIVI… Je travaille également dans le domaine de la communication. Je suis donc sensibilisée aux enjeux et techniques de l’accès à l’information.
Quelles difficultés rencontrées dans ton "quotidien" d'AKIVI ?
Encore une fois, les termes scientifiques complexes demandent une forte concentration à la lecture. Mais aussi pour la compréhension des structures de description de la « hiérarchie » des éléments anatomiques – qui doivent définir un ton approprié pour chaque passage de scénario… Avant tout enregistrement, j’ai ce qu’on appelle une forme de rituel de concentration. Je me relaxe pour ralentir ma respiration. Puis, je commence à faire quelques exercices d’échauffement. Ensuite, je suis focus à 100% sur le texte. Je « rentre » littéralement en lui pour l’incarner. Les conditions techniques d’enregistrement me permettent cela. Je possède un studio d’enregistrement dans lequel j’ai aménagé une cabine dédiée aux enregistrements des cours d’AKIVI. Cette cabine, sans fenêtre et très exiguë, me permet de m’isoler totalement des interactions extérieures. Là, je suis seule avec le texte et le micro.
A l’heure de l’IA générative, certains utilisateurs d’AKIVI – très peu, je te rassure – pensent que la voix de l’application est artificielle. Cela te déconcerte-t-il ?
C’est une impression induite, peut-être, par le nettoyage de l’enregistrement que j’effectue en post-production. J’élimine tout ce qui pourrait parasiter les propos. Vous n’entendrez donc jamais de raclements de gorge ou de petites toux hivernales. Convaincre que je suis humaine ? C’est une sensation bien étrange que d’être soupçonnée de ne pas exister réellement. Eh bien, je suis maman de deux enfants ; et ça, à ma connaissance, aucune IA n’a cette expérience (rires).
Utilises-tu l’application AKIVI ? Et pour faire quoi ?
Je ne l’utilise pas à proprement parler car je n’ai pas de projet d’études de santé. Mais je la consulte régulièrement pour voir comment l’application d’anatomie évolue. Je suis sincèrement admirative du travail des porteurs du projet et de tous ceux qui ont pu contribuer au développement d’AKIVI. J’adhère totalement à leur démarche de faciliter l’apprentissage de l’anatomie, pour former ceux qui prendront soins des humains de demain.
Difficile de ne pas terminer sur le sujet. Ton passif musical national est plus que conséquent en tant que chanteuse de groupes alternatifs. Tu continues toujours la musique ?
Est-ce un « passif » ou un « actif »? (sourire). J’ai évolué avec mon temps, en passant du rock alternatif, formation traditionnelle guitare basse batterie, à un mode de création plus personnel en MAO (NDLR : musique assistée par ordinateur). C’est aussi cette expérience qui me permet de travailler en post-enregistrement et ainsi d’apporter un plus à l’application AKIVI.
Pour la grande et petite histoire, Carole Gola n’a pas été que l’égérie chanteuse des Specimen. Elle s’est aussi produite au sein des groupes français Ek-Kha, Glass (ici sur la photo), Purple Is My Sound,… Vous êtes à la recherche d’une professionnelle pour l’enregistrement de vos contenus audio ? Entrez en relation avec K.Voice via k.voice.contact@gmail.com !
Écoutez Carole Gola sur cet extrait de cours AKIVI consacré au pancréas !